Roger De Monts

Les premières hivernales

 

 
 

Gavarnie - Allom Thomas 1840
 
 

 

Roger de Monts, né le 20 mai 1850 à Toulouse, mort le 29 décembre 1914 au château de Montbardon, dans le Gers, est un des grands pyrénéistes du XIXe siècle, réalisateur des grandes « premières » hivernales.

Il est issu de familles d'origines béarnaise et bigourdane. Son père est un grand amateur de montagne, et il communiquera cette passion à son fils. La famille habite au château de Bellegarde, près de Masseube (Gers), et gère ses terres, ce qui sera toujours l'activité de Roger, très attaché à son terroir, il sera longtemps conseiller municipal de Bellegarde, de 1888 à 1904.

Amoureux d'une jeune fille du voisinage, ses parents s'opposent à ce mariage. Alors Roger se lance à corps perdu dans les ascensions en montagne. On n'a pas de relations sur cette époque, car il ne jugeait pas utile d'écrire ni de tenir un carnet de ses courses. Les grands noms du pyrénéisme sont les hôtes du château de Bellegarde : Henry Russell, Henri Brulle, Jean Bazillac, Lucien Briet, et bien d'autres...

C'est le début d'une longue carrière au cours de laquelle il va réaliser de nombreux exploits, accompagné des grands guides du moment, comme Célestin Passet, François Bernat-Salles. L'exploit absolu reste sa participation à la cordée qui réussit pour la première fois l'ascension du couloir de Gaube (avec Brulle, Bazillac, Célestin Passet et Bernat-Salles, le 7 août 1889.

En 1896, il peut enfin épouser sa bien-aimée. Roger de Monts cesse son activité d'ascensionniste pour se consacrer à ses terres et à son épouse. Mais cette union restera sans enfant.

Il meurt au château de Montbardon et est inhumé le 1er janvier 1915 à Bellegarde.

Principales courses

Le 31 décembre 1875, de Monts rejoint le général Nansouty pour fêter le nouvel an au sommet du Pic du Midi de Bigorre. De là vient sa vocation pour les ascensions hivernales.

Le 1er mars 1879, il atteint le sommet du Néthou (l'Aneto) avec les guides luchonnais B. Courrège, B. et V. Paget. Le 23 décembre, le Mont Perdu, par Arrasas (vallée d'Ordesa), avec Haurine et Junté.

L'hiver 1880, il entreprend une campagne avec Célestin Passet : le Néthou (5 janvier), puis les premières hivernales du Pic de Vallibierna et des Posets, revenant à Luchon par le port d'Oô.

En 1881, première hivernale du Mont Valier, et celle du Balaïtous, avec Célestin Passet. Il enchaîne par la Munia (3133 m) avec Chapelle, puis le Néouvielle, et de nouveau avec Célestin, le Cylindre, le Taillon, la Tour.

En 1887 Roger de Monts a laissé son nom à une voie très particulière du cirque de Gavarnie : La voie de Monts qui permet d'accéder au déversoir de la Grande Cascade, depuis le fond du cirque de Gavarnie. Russell tenta le premier cette course,  une voie directe pour arriver du fond du cirque à l'origine de la Grande Cascade. Après avoir atteint la Brèche des Druides, un mur vertical le sépare du but. Il doit rebrousser chemin et éprouve les plus grandes difficultés pour regagner les Rochers Blancs. Il était monté trop haut.

C’est en restant plus bas, que de Monts, Bazillac et Célestin Passet passèrent presque horizontalement de l'origine de la cascade aux Rochers Blancs. Ils revinrent l'année suivante explorer la partie inférieure et ouvrir ainsi la voie intégrale depuis la base des murailles du cirque jusqu'au déversoir de la cascade.

 

En 1888, il réussit la première hivernale du Pic du Midi d'Ossau. La même année, il escalade la cascade de glace du Mont-Perdu (3 355 m) avec Célestin Passet et François Bernat-Salles, réalisant la première ascension de la face nord.

Le 7 août 1889, c’est l'exploit absolu il réussit pour la première fois l'ascension du couloir de Gaube avec Brulle, Bazillac, Célestin Passet et Bernat-Salles. Ayant lâché prise, il se trouve quelques instants suspendu dans le vide, au bout de sa corde. Mais cette réussite efface tous les désagréments que la cordée a dû subir...

Doc, wikipédia


Gavarnie- La voie de Monts

Gavarnie- Névé au pied de la cascade

Pic du Midi d'Ossau

Au sommet du Vignemale

Photos Eugène Trutat
(1840-1910)