Célestin Passet (1845-1917)
Fils aîné
d'Hippolyte il se révèlera un des meilleurs guides du
moment. En 1870, il épouse Justine Trescazes, de Sers,
avec qui il aura trois filles et un garçon. En 1871, il
accompagne Russell au Mont Perdu, par la brèche de
Roland. En 1872, il trouve avec le même Russell un
nouvel itinéraire vers le Mont Perdu, par le lac Glacé,
le col de Niscle, et ce qu'on appellera la Terrasse
Russell.
Puis ils font la première des Gourgs blancs et du pic
qui portera plus tard le nom de Jean Arlaud. Entre 1872
et 1879, il réalise avec Russell les premières du
Gabiétou par l'est, le pic des Tempêtes, le pic
occidental de la Maladetta. En
1880, il réalise la première hivernale des Posets, avec
Roger de Monts. En 1882, la première du Comaloforno avec
Henri Brulle et Jean Bazillac. En 1887, le Pic entre les
brèches, qui deviendra Pic Bazillac, avec Jean Bazillac,
et le Doigt de
la Fausse Brèche,
avec Brulle et Bazillac. En 1888, la première de la face
nord du Mont Perdu avec Roger de Monts et François
Bernat-Salles.
Le 6 août 1889, avec Henri Brulle,
Roger de Monts, Jean Bazillac, et François Bernat-Salles,
il ouvre l'ère du pyrénéisme moderne en réussissant la
première du couloir de Gaube, sur le Vignemale. Bloqués
dans cette faille étroite et gelée, sous l'imposant
bloc coincé,
Célestin taille plus de 1300 marches dans la glace avec
le piolet de Brulle, instrument qui recevra le nom de
Fleur de Gaube.
Très fier de cet exploit, Célestin répétait volontiers
que personne après lui ne le referait : « J'ai gardé la
clé », disait-il. De fait, l'ascension du couloir de
Gaube ne fut réitérée avec succès que quarante-quatre
ans plus tard, par H. Barrio, J. Aussat et J. Loustaunau,
le 13 juillet 1933. En 1895, Célestin réalise la
première de la face nord du Taillon, avec Henri Brulle.
Peu bavard, presque distant, d'une
grande élégance, impassible dans les pires situations,
Célestin est resté un paysan (sa profession officielle
est toujours cultivateur).
Mais son expérience fait qu'il peut être un brillant
causeur qu'on aime écouter. Sa réputation est telle
qu'il est très demandé, et qu'il réalise de nombreuses
courses, non seulement dans les Pyrénées, mais aussi
dans d'autres massifs. Le chasseur anglais Buxton, qu'il
conduit pour chasser le bouquetin en Espagne, l'invite à
Londres pour chasser le renard. Il va ascensionner en
Afrique du Nord, en Éthiopie, au Sinaï, en Crète, en
Sardaigne, dans le Caucase... Il accompagne au Vignemale
l'alpiniste et graveur anglais Edward Whymper, qui a
laissé un portrait de lui, et qui lui propose de
l'emmener sur le Chimborazo, dans les Andes. Mais
Célestin décline l'offre pour rester auprès de sa mère
et des quelques biens qu'il possède à Gavarnie.
Célestin Passet meurt en 1917
d'une attaque de paralysie. Il est enterré au cimetière
de Gavarnie, dans le carré
des pyrénéistes.
Ses premières :
1872 : Mont Perdu (3355m) par l’est
(Gavarnie)
1874 : Pic de Gabiétou (3031m)
(Gavarnie)
1877 : Pic
des Tempêtes (3295m) - pic de
la Maladeta
(3220m) (Monts-Maudits)
1878 : Pic Las Louseras (3003m) (La
munia)
1879 : Petit Astazou (3012m)
((Gavarnie)
1881 : Crête du Milieu
(Monts-Maudits)
1881 Seil de
la Baque
(3114m) - Pic du port d’Oo (3065m) -
Grand Gabietou (3034m)
-Grand Astazou (3077)m - tour du cirque de Gavarnie par
les gradins intérieurs (Gavarnie)
1882 : Grand pic de Clarabide (3020m)
(Louron) - Comolo Forno (3033m) (Bézibérri)- Hourgade
(2964m) (Luchonnais)
1883 :
Ascension de la Meije
en un jour. (Alpes)
1884 : Traversée du Batoua (3034m) au
Lustou (3023m) (Aure)
1884 : Pic du Portillon (3050m) (Luchonnais)
1887 : Pic de Bazillac (2972m) – Mur de
la Cascade–
col de
la Cascade
(Gavarnie)
1888 : Descente de l’Astazou sur
Estaubé – Marboré par le Nord (3248m) – Le Casque par le
nord (3006m) (Gavarnie)
1889 : Couloir de Gaube.(Vignemale)
1890 : Petit Vignemale (3032m) par
les rochers du nord et de la crête du Montferrat au
Tapou (3134m)
-Doigt de la Fausse
Brèche
– Pic de Crabounouse et du Bugarret (3031m) – Pic Long
par l’arête ouest (3192m) (Néouvielle)
1891 : Néouvielle par l’arête des
Trois Conseillers (3091m) - Epaule du Marboré par le
nord (3073m) (gavarnie)
1892 : Marboré par la face nord-ouest
Tour de Gaulis - Punta de las Olas (3002m) (Gavarnie)
1893 : Tour
du Marboré par le col de la Cascade
- Grand Astazou par la face nord (3077m) - Grand
Gabiétou par Pouey Espée (3034m) (Gavarnie)
1894 :
Pointe de la Fenêtre
(Alpes) - Roc d’Estaubé (Gavarnie)
1895 : Pic Rouge de Pailla par
l’arête nord - Taillon par le nord (Gavarnie)
1896 : Grand Pic d’Ossau par l’ouest
(2884m)-Pic de Pinède par le nord-est (2860m)
1901 : Pointe d’Astorg (3355m) par le
nord (monts-Maudits)
1905 : Tour du Marboré par le nord
(3009m) (Gavarnie)
Hippolyte Passet (1813-1884) son père
Hippolyte
est lui aussi cultivateur, après avoir servi au
quatorzième régiment d'artillerie. Il se partage ensuite
entre le travail de la terre et les courses en montagne.
Marié à Marthe Barbé, il a six enfants, l'aîné étant
Célestin. Hippolyte sera très sollicité après la
disparition prématurée de son aîné. En février 1869,
avec son neveu Henri, Hippolyte réalise avec Henry
Russell la première
hivernale du Vignemale,
première hivernale absolue, d'ailleurs, et exploit d'un
grand retentissement, pour lequel il faut descendre dans
une immense crevasse et la remonter, en taillant des
marches dans la glace. Maire de Gavarnie en 1871-72, il
redevient conseiller municipal en 1881.
Laurent Passet (1810-1864) son oncle
Laurent
et Hippolyte Passet
sont frères, fils de Pierre
Passet. Cultivateur, mais
aussi chasseur et guide,
Laurent accompagne des
pyrénéistes prestigieux comme Charles Packe et Henry
Russell, qu'il conduit au Vignemale pour la première des
ascensions du jeune comte, sur ce qui deviendra « son »
sommet. Il est réputé pour son talent à « sentir » et à
découvrir des passages : c'est que, consciencieux, il
explore à l'avance tous les passages possibles avant
d'emmener un client en course. Son nom a été donné à la
brèche Passet,
sur le Marboré. En 1840, il épouse Thérèse Cabessanis-Sarré,
avec qui il aura quatre enfants, dont Henri.
Henri
Passet (1845-1920)
Son cousin
Henri est le fils de Laurent.
Si l'activité de guide était
accessoire pour ses père et oncle, Henri, lui exerce
officiellement la profession de guide à partir de 1875
et il l'organise pour ses collègues de Gavarnie. Il est
correspondant du CAF du Sud-Ouest. Il organise ainsi les
chasses du baron de Lassus, grand pyrénéiste et
chasseur, procurant ainsi des emplois à nombre de ses
concitoyens, qu'ils soient guides, porteurs, ou
cuisiniers... Comme son père Laurent, il prépare ses
courses avec le plus grand soin, n'hésitant pas à aller
reconnaître le terrain à l'avance, ce qui lui vaut une
réputation de flair
infaillible pour trouver les voies. Sa compétence
s'étend à l'ensemble de la chaîne (en 1881, il sera
monté dix-sept fois à l'Aneto). Il acquiert de grandes
connaissances en botanique, en géologie, en glaciologie.
En 1878, il effectue la première du Grand Bachimale
(depuis, Pic Schrader) avec Franz Schrader. En 1885, il
réalise avec le jeune anglais F. E. L. Swan la première
du couloir qui sépare les deux Astazous, aujourd'hui
couloir Swan. L'année suivante, il accompagne Swan dans
une tournée des sommets les plus difficiles des Alpes,
puis ils font dans les Pyrénées l'ascension du Cylindre
et du Balaïtous par la cheminée est. En 1913, à 58 ans,
il accompagne Schrader à la Munia. La
même année, son fils Pierre est reçu comme guide de
première classe, mais il tombe au champ d'honneur en
1917. Henri s'éteint le 3 février 1920.
Doc: Wikipédia
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Célestin Passet

Gourgs blancs

Pointe Bazillac

Mont Perdu - Lac Glacé

Portrait de Célestin Passet par
E.Whymper |