|
Paul Edouard Wallon
Né à Montauban en 1821, décédé en 1895
dans sa ville natale.
Cet
avocat de formation, était proche des activités en
rapport avec la nature. En effet, après ses études, il
occupa son temps libre durant une vingtaine d’années, à
la pêche, à l’agriculture et à la visite des Pyrénées.
Sa
carrière Pyrénéenne
Wallon
sera un explorateur des Pyrénées, mais il lui manquait
une rencontre exceptionnelle pour se sentir le
D’Artagnan d’expérience au milieu de valeureux
Mousquetaires! Elle eut lieu en 1868.
Il faut citer Franz Schrader :
À Héas, chez le vieux guide
Chapelle, nous aperçûmes devant sa porte un homme de
cinquante ans environ. C’était un avocat de Montauban,
M. Wallon. Les premiers rapports furent d’une cordialité
douteuse : il avait pris notre dîner, nous lui prîmes sa
chambre. Je crois même que nous l’avons traité de
« vieux », et qu’il nous avait traités de « fous » ; les
choses, ne se seraient pas facilement arrangées s’il
n’eut l’idée lumineuse de déployer devant son guide une
« carte manuscrite des deux versants de la chaîne des
Pyrénées » (au 1/400 000). À cette vue, je n’y pus
tenir ; je lui demandai la permission de m’approcher :
la paix fut vite faite. L’excellent homme nous demanda
nos noms, et entendant celui de mes compagnons :
« comment, vous seriez les fils de mon vieil ami
Lourde? Que ne le disiez-vous point! » Amitiés,
serrements de main et embrassades sur toute la ligne…
Cette rencontre donna lieu,
quelques années plus tard, à ce qu’un historiographe
appela, le « Yalta » des Pyrénées. Pourquoi? Parce que
la carte du versant espagnol restait à faire. La
frontière fut désignée: le Rio Ara. À Franz Schrader
revenait l’orient du massif du Mont-Perdu aux
Mont-Maudits, et à Paul Édouard Wallon, l’exploration
des régions inconnues vers l’Océan, avec pour
coordinateur et arbitre de ces deux
puissances pyrénéistes,
depuis Paris, le commandant Prudent.
Ainsi, par la suite, une grande amitié
empreinte de loyauté ne dérogea jamais à cette fameuse
pléiade pyrénéiste dont Russell était le ciment.
Paul
Édouard Wallon, autodidacte et pyrénéiste complet
Ascensionniste, d’avant les piolets,
il était armé d’un bâton ferré, avec hache amovible pour
tailler les marches dans la glace, et d’un révolver à
six coups à balles tronconiques pour se préserver de
l’ours, du loup et du brigand.
Si dès 1872, le
Bulletin Ramond publiait un premier article de Wallon,
la même année, ce dernier faisait avec son fils, les
guides Gaspard et Lacoste, le Balaïtous par l’Est, en un
jour depuis Arrens. Il connut alors l’extase du sommet,
celle qui harmonise l’âme et la réalité d’un paysage
saisissant, mais aussi, releva le panorama, pic par pic.
Son "Mur-muré", le terrible 3000 m de
l’époque, il en a dressé la carte et décrit toutes les
routes possibles.
Ses premières furent
nombreuses en compagnie de ses fidèles guides, dont le
fameux Clément-Latour : au mois d’août 1883, il
excursionnait les montagnes de Pétragène (aiguilles d’Ansabère)
et effectuait la première ascension connue du pic des
Trois Rois (2 434 m).
Au cours de l’été 1884 (il a 63 ans), Wallon
s’installait à la villa Russell au Vignemale pour
étudier les détails du massif (il a alors déjà adopté le
piolet). En 1876, il gravit le pic d’Enfer par le
glacier Nord (3 081m), en 1877 la Pena Téléra
(2 744m), en 1878
la Punta Buquesa
(2770m) et en 1879,
la Frondella
(3
081 m).
Wallon était un habile
dessinateur (Panoramas des
Pyrénées centrales,
1869) il peignait, avec sensibilité, des paysages à la
gouache. Il exécuta également en 1889 un superbe relief
des Hautes-Pyrénées (au cinq-millième), qui longtemps
resta visible à la Mairie
de Cauterets. Il
utilisa l'orographe inventé par Schrader. Pyrénéiste
complet, nous le retrouvons le 4 août 1890,
à 70 ans, à la brèche de Tuquerouye
(2
667 m) pour
l’inauguration du refuge Lourde-Rochelave, dont
l’architecture brave encore les tourmentes du Mont
Perdu.
À Paris, en 1874, Wallon participa à
la fondation du Club alpin français, et offrit ses
textes (devenus des ouvrages) et ses fragments de cartes
à l’Annuaire du CAF. Il fut d’ailleurs membre du CAF du
Sud-ouest (Bordeaux) et de la prestigieuse Société de
Géographie (Paris).
La
trace toponymique dans les Pyrénées
On trouve le nom de Wallon dans la
région du Marcadau (Hautes-Pyrénées). Un pic porte
son nom, ainsi que le plus grand refuge des Pyrénées
(CAF de Tarbes), connu sous le nom de refuge Marcadau-Wallon.
Enfin, le col au sud du Balaïtous est dénommé Wallon.
(Documentation: Wikipédia)
|