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Alfred Hector Roland,
né à Paris en 1797, mort en 1874, compositeur, poète, est le
créateur du conservatoire de musique de Bagnères-de-Bigorre
(Hautes-Pyrénées) et des Chanteurs
montagnards. Il est l’auteur d’un grand
nombre de chansons considérées comme des classiques du chant
montagnard pyrénéen.
Il a reçu une solide formation musicale au
Conservatoire de Paris : premier prix d’harmonie, accessit de
violon. Néanmoins, il fait une carrière dans l’administration, comme
fonctionnaire des impôts.
C’est par le hasard d’une nomination
administrative qu’il se retrouve, en octobre 1832, à
Bagnères-de-Bigorre. Selon certains, il y serait venu en cure. En
parcourant son nouveau domaine, il ne manque pas d’entendre les
chants qui rythment le travail dans les ateliers de la ville, où
l’on travaille la laine, ou encore le marbre. Il s’enthousiasme pour
la qualité de ces voix, et décide de fonder un conservatoire de
musique, sur ses propres deniers. Il réunit en un temps record près
de 200 choristes. Il écrit et compose lui-même les chansons qu’il
fait interpréter à ses élèves, poésies et mélodies dans l’air
romantique du temps. Il chante la beauté des montagnes, des sources,
des lacs, les bergers, les chasseurs d'isards, les contrebandiers,
il chante la Patrie, le tout en français,
langue qu'aucun de ses chanteurs, en ce temps, ne doit pratiquer
couramment. Mais le succès est immédiat. Alfred Roland, nouveau
venu, et qui passe peu de temps dans les Pyrénées réussit le tour de
force de créer de toutes pièces un folklore pyrénéen dont la
vivacité ne se démentira pas, malgré les modes. Un an après leur
formation, les Chanteurs montagnards, dans leur costume
« traditionnel » (béret rouge, veste...), donnent des concerts dans
la région, puis de plus en plus loin : Bagnères, Pau, Bayonne... En
1835, plus de cent exécutants se produisent au Capitole de Toulouse,
salle des Illustres. Parmi l’assistance, un visiteur apprécie
modérément la prestation : il s’agit de Stendhal, qui écrit dans son
journal (25 avril 1838) des commentaires peu flatteurs.
« Quarante jeunes gens
appartenant, à ce que dit leur affiche, au Conservatoire de Musique
de Bagnères, donnaient un concert et annonçaient des airs
montagnards. (...) Ce Conservatoire porte des jaquettes couleur
capucin et des ceintures rouges d'un bon effet ; le collet de la
chemise est renversé sur une cravate noire. Tout cela n'est pas mal.
Ce qui est incroyable, c'est la musique qu'ils ont chantée. Elle est
d'une platitude et d'un gauche inimaginables. Il faudrait avoir du
génie pour pouvoir se figurer cet excès de vide. (...) Ces pauvres
jeunes gens ont le mérite de chanter toutes ces belles choses sans
accompagnement. Leur affiche dit qu'ils vont à Paris. Quand ils
seraient protégés par tous les journaux, il est impossible qu'un
parterre parisien tolère un tel amas de platitude et de contresens.
q
Le public, lui, applaudit sans restriction,
et les opinions de monsieur Stendhal seront tout autant démenties
par les parterres parisiens.
"
L’Odyssée "
En 1838, Alfred Roland a en effet décidé
d'engager ses meilleurs éléments dans une tournée d'ampleur
nationale. Dans leur nouveau costume, béret bleu, blouse bleue
serrée à la taille par une ceinture noire, pantalon blanc, les
chanteurs s’entassent dans une diligence tirée par six chevaux, en
direction de Paris. En route, ils chantent la messe le matin et
donnent un concert le soir.
En 1839, aux Champs-Élysées, ils reçoivent
8000 auditeurs, dont le roi Louis-Philippe. À Londres, ils donnent
21 représentations. Puis leur tournée les mène en Belgique, à
Anvers, à Bruxelles (quatorze concerts). En 1840, ils sont en
Hollande, au Danemark, en Suède. En 1841, en Allemagne, en Prusse,
en Russie : Saint-Pétersbourg et Moscou. Puis Varsovie et
l’Autriche, la Hongrie, les champs de
bataille des guerres napoléoniennes. Le 1er août 1842, ils chantent
devant le pape, dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges, la
Messe
montagnarde de Rome d’Alfred Roland.
De 1842 à 1844, le groupe reprend une
nouvelle tournée en France. En 1845, ils sont à Marseille et
s’embarquent pour l’Égypte. En 1846, en Palestine, ils chantent au
Saint-Sépulcre
la Messe
de Rome et
la Messe
royale de Jérusalem. De là, ils vont à
Athènes, puis à Constantinople où le sultan les reçoit.
Enfin cette
Odyssée romanesque s’achève en France et
à Londres. Pendant ces longues années d’errance, de succès en
triomphe, les Chanteurs d’Alfred Roland ont connu la gloire et bien
des avanies. Six d’entre eux sont morts pendant le voyage, huit ont
abandonné le groupe. Alfred Roland lui-même, qui a tant célébré en
vers emphatiques la beauté des Pyrénées, au point d’en être devenu
le chantre quasi-officiel, n’y reviendra pas.
Pourtant, le succès des Chanteurs montagnards,
toujours renouvelés, toujours présents, ne s’est jamais démenti,
même s’il est considéré par certains avec une condescendance un rien
méprisante, il demeure pour d’autres la marque d’une vraie identité
pyrénéenne.
Montagnes Pyrénées (La
Tyrolienne des Pyrénées)
Montagnes Pyrénées
Vous êtes mes amours
Cabanes fortunées
Vous me plairez toujours
Rien n'est si beau que ma patrie
Rien ne plaît tant à mon amie
Ô montagnards, ô montagnards
Chantez en chœur, chantez en chœur
De mon pays, de mon pays
La paix et le bonheur |
Refrain)
Halte là !
Halte là ! Halte là !
Les
montagnards, les montagnards
Halte là !
Halte là ! Halte là !
Les
montagnards, les montagnards
Les
montagnards sont là !
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Laisse là tes montagnes
Disait un étranger
Suis-moi dans mes campagnes
Viens, ne sois plus berger
Jamais, jamais, quelle folie !
Je suis heureux dans cette vie
J'ai ma ceinture, j'ai ma ceinture
Et mon béret, et mon béret
Mes chants joyeux, mes chants joyeux
Ma mie et mon chalet
(au
Refrain) |
Sur la cime argentée
De ces pics orageux
La nature domptée
Favorise nos jeux
Vers les glaciers d'un plomb rapide
J'atteins souvent l'ours intrépide
Et sur les monts, et sur les monts
Plus d'une fois, plus d'une fois
J'ai devancé, j'ai devancé
La course du chamois
(au
Refrain) |
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Déjà dans la vallée
Tout est silencieux
La montagne voilée
Se dérobe à nos yeux.
On n'entend plus dans la nuit sombre
Que le torrent mugir dans l'ombre
Ô montagnards, ô montagnards
Chantez plus bas, chantez plus bas
Thérèse dort, Thérèse dort
Ne la réveillons pas !
(au
Refrain)
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Ces paroles de
la Tyrolienne
des Pyrénées sont les plus connues et
les plus souvent chantées. Elles ne représentent qu'une petite
partie des chansons écrites et composées par Alfred Roland.
Doc: Wikipédia
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