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Henri Beraldi,
(1849-1931), est un grand collectionneur d'estampes,
bibliophile, écrivain d'art et éditeur français.
Bourgeois
parisien, venu souvent aux Pyrénées (il passa plusieurs été à
Luchon), il y fit de nombreuses ascensions. Il se vantait
volontiers d'être monté plus de cent fois au Port de Venasque.
Bibliophile passionné, il rechercha et collectionna les livres
consacrés aux Pyrénées. Ce n’est cependant que vers la
cinquantaine que les Pyrénées vont véritablement entrer dans sa
vie à la faveur d’un article écrit en 1898 pour une revue de
bibliophiles : « Excursion biblio-pyrénéenne du centenaire de la
découverte des Pyrénées ». Cet article aura des prolongements
inattendus puisqu’il aboutira à une œuvre magistrale: Cent
Ans aux Pyrénées (1898-1904), une somme monumentale en sept
volumes. Il y analyse et commente, parfois avec ironie, toujours
avec passion, la littérature pyrénéenne du XIX siècle, de Ramond
de Carbonnières aux premiers écrivains du XXème siècle. Cet
ouvrage est en même temps une histoire de l'exploration et de la
« conquête » des sommets des Pyrénées. Dans le préambule du tome
I, "Excursion biblio-pyrénéenne », il propose, sur le
modèle d'alpinisme, le terme « pyrénéisme".
"La connaissance
pittoresque des Pyrénées - ne pas confondre avec leur
connaissance scientifique - est aujourd'hui complète.
Il y a fallu un siècle d'efforts, dont la trace est une série
d'écrits formant l'histoire du pyrénéisme - on dit
pyrénéisme comme ont dit alpinisme [...] "
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, quand le mot
pyrénéisme a été lancé par Henri Beraldi, il ne l'a pas été
pour être mis en opposition avec le mot alpinisme.
"L'idéal
du pyrénéiste est de savoir à la fois ascensionner, écrire, et
sentir. S'il écrit sans monter, il ne peut rien. S'il monte sans
écrire, il ne laisse rien. Si, montant, il relate sec, il ne
laisse rien qu'un document, qui peut être il est vrai de haut
intérêt. Si - chose rare - il monte, écrit et sent, si en un mot
il est le peintre d'une nature spéciale, le peintre de la
montagne, il laisse un vrai livre, admirable."
D’autres
livres suivront, moins connus mais tout aussi importants.
- Balaïtous et Pelvoux, à propos des
opérations géodésiques dans les Pyrénées et les Alpes.
- Le passé du pyrénéisme, en cinq volumes où il est beaucoup
question de Ramond.
- Le sommet des Pyrénées, en trois volumes.
- La carrière posthume de Ramond, consacré en grande partie à
Russell.
Henri Beraldi s’est intéressé au Bulletin
pyrénéen qu’il avait qualifié, dans les « Cent ans », de
« document type et essentiel ». Il enrichit le Bulletin de
travaux du plus haut intérêt.
Citons :
-
Les officiers topographes aux Pyrénées (1849-1851), qui devait
être édité en volume en 1909.
- Un officier géodésien aux Pyrénées en 1789-1792, consacré aux
travaux de Junker et Heredia dans le
cadre de la commission
des limites.
- Les tours d’horizon pyrénéens de Schrader à l’orographe,
ensemble de 24 documents graphiques.
- Henry Russell en Amérique.
- Le passé du pyrénéisme, présentant des dessins et documents
anciens, tels des gravures de Melling, Allom, Chapuy, Harding,
Frossard, prince de la Moskowa.
Il décède à Paris en 1931, les montagnards ont su lui
rendre hommage : depuis 1905, il existe un pic Béraldi dans le
massif des Posets.
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