|
Lucien Briet, né le 2 mars 1860 à Paris de
parents champenois, et décédé le 4 août 1921 à Charly-sur-Marne (Aisne),
est un photographe, explorateur et conférencier français, qui a
principalement parcouru et étudié les Pyrénées espagnoles et le haut
Aragon.
On le croit diplômé en lettres. Il est surtout
passionné par l'écriture, la découverte, l’exploration et la
photographie. Il pense à ses débuts pouvoir vivre de sa plume, mais ses
premiers pas en poésie ne sont pas concluants.
En 1880, il est incorporé au 51e régiment d’infanterie de ligne à
Beauvais. La vie militaire ne le satisfaisant pas, il déserte et
s‘enfuit en Belgique, où il va passer quatre années. À son retour en
France, il est traduit en conseil de guerre et condamné à deux ans de
travaux forcés, puis gracié et affecté au 11e régiment d’infanterie,
pour un an, en Afrique. En 1886, enfin libéré, il revient dans sa
famille à Charly-sur-Marne et pratique la photographie.
En 1887, au décès de son père dont il est
l'unique héritier, il mène une existence de petit rentier et décide de
se lancer dans l'exploration des pyrénées sur les traces
de Ramond de Carbonnières. Il sera par la suite secrétaire de la Société de Spéléologie. Il
découvre les Pyrénées en 1889, au cours d'un séjour à Gavarnie. Pris de
passion, il y revient assez régulièrement, devient membre du CAF et
entreprend d’explorer méthodiquement le massif, y réalisant de
nombreuses photographies. Il publie des articles dans des revues
spécialisées et donne des conférences accompagnées de projections. La Société Géographique de Paris lui fait un accueil
triomphal.
Mais Briet s’aperçoit rapidement qu’il est
arrivé un peu tard sur la scène du pyrénéisme, la plupart des pics ayant
été explorés et étudiés. Il laisse tout de même quelques bons écrits sur
le versant français, puis il tourne son regard vers l'Aragon si proche
et pourtant méconnu. Ce pays de défilés, gorges et grottes a tout pour
l’attirer. Il entreprend de le visiter en 1902, puis en 1903, par des
séjours assez brefs (environ une semaine). À partir de 1904, ses
campagnes sont plus longues, un mois et demi chaque année, jusqu’en 1911
où il reste 70 jours afin de compléter son programme d'explorations.
Tous les ans, après un voyage de 27 heures en
train, il part de Gèdre pour arriver à Gavarnie, monter au port de
Boucharo, redescendre vers Bujaruelo et Torla, en transportant un
important matériel photographique (14 douzaines de plaques de verre
format 18 cm x 24 cm) à dos de mulet. Après
1904 il a recours à des guides aragonais qui deviennent ses amis : Ramon
Viu, de Torla, Lorenzo Viu, de Boltaña, et Joaquin Buisán, de Lavelilla.
Il explore méthodiquement le quadrilatère formé par la frontière au
nord, une ligne Torla-Huesca à l’ouest, Huesca-Barbastro au sud,
Barbastro-la Cinca, logeant chez l’habitant ou dans des auberges au
confort spartiate, mais au fil des années il se fait de nombreuses
relations parmi la population.
|

|