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Louis
François Élisabeth Ramond, baron de Carbonnières est un homme
politique, un géologue et un botaniste français, né le 4 janvier 1755 à
Strasbourg et mort le 14 mai 1827 à Paris. Il est considéré comme l'un
des premiers explorateurs de la haute montagne pyrénéenne pouvant être
qualifié de pyrénéiste.
Louis Ramond est
le fils de Pierre-Bernard Ramond (1715-1796), trésorier de guerre, et de
Reine-Rosalie Eisentraut (1732-1762).
Il commença à
étudier le droit à l’université de Strasbourg en 1775 et devint avocat
en février 1777.
En 1779, Ramond et
son père s’installèrent à Paris. En 1780, Il publia La Guerre d’Alsace
pendant le Grand Schisme d’Occident, épopée romantique et
historique. Mais la capitale n’était pas encore sensible au romantisme
venu d’Allemagne et il ne rencontra pas l’accueil qu’il espérait.
Il quitta alors
Paris et retourna à Strasbourg, où il se mit au service du cardinal de
Louis René Édouard de Rohan (1734-1803), prince de Rohan et
cardinal-archevêque de Strasbourg, célèbre pour avoir pris part à
l’affaire du collier de la reine. Auprès du prince, Ramond voyagea
beaucoup et rencontra de nombreuses personnalités. Le cardinal fut
envoyé en exil à La Chaise-Dieu en juin
1786. Il partit en Auvergne accompagné par son fidèle secrétaire. Ramond
découvrit la flore de cette région. Le cardinal souhaitait aller dans
une ville thermale dans les Pyrénées et Ramond partit en éclaireur. Les
deux hommes passèrent l’été et l’automne 1787 à Barèges. Afin de mieux
connaître la formation géologique de cette montagne, qui faisait alors
l’objet de controverses alimentées notamment par la théorie de Déodat
Gratet de Dolomieu (1750-1801), et de savoir si elle était granitique,
comme les Alpes, ou calcaire, comme les montagnes que l'on croyait plus
anciennes, Ramond commença à explorer ce massif. Il parcourut les zones
les plus hautes de Gavarnie à la Maladetta.
Ramond quitta le
cardinal en décembre 1788, lorsque celui-ci fut autorisé à revenir à
Strasbourg. Il s’installa à Paris et fit paraître en 1789 ses premières
Observations faites dans les Pyrénées, pour servir de suite à des
observations sur les Alpes. Pour se perfectionner en histoire
naturelle, il suivit alors les cours de Jussieu (1748-1836) et René
Desfontaines (1750-1831) au Jardin du roi.
Il se lança
également dans la politique et fut élu en septembre 1791 député de Paris
à l'Assemblée législative. Il appartenait au club des Feuillants. Il
défendit en 1792 les prêtres réfractaires dont la déportation avait été
votée. Ramond soutint passionnément l’action de
La Fayette, qui tentait d’apaiser les ardeurs des
jacobins. Menacé, il préféra fuir Paris en août et se réfugia dans les
Pyrénées. Surveillé et considéré comme suspect, il s'installa à Barèges,
où il multiplia les herborisations et les observations géologiques. Il
fut arrêté en 1794 et accusé d’être un ennemi de la Révolution. Emprisonné à Tarbes pendant sept mois,
il échappa de peu à la guillotine.
Il se consacra
alors exclusivement à l’histoire naturelle. Il correspondit avec
Philippe Picot de Lapeyrouse (1744-1818) et divers botanistes dont René
Desfontaines, Jean Thore (1762-1823) et Dominique Villars (1745-1814).
À partir de 1796,
il enseigna, comme professeur d'histoire naturelle, à la nouvelle École
centrale de Tarbes. Ses cours rencontrèrent immédiatement un grand
succès. Devenu un spécialiste en botanique et géologie des Pyrénées
centrales, il put enfin, en 1797, mener à bien un projet qui l’habitait
depuis longtemps : atteindre le sommet du Mont Perdu (3 355
mètres) pour trancher la controverse qui
l'opposait à Dolomieu et Lapeyrouse sur l'âge primitif des
calcaires de la chaîne centrale.
L’expédition, qui
comprenait une quinzaine de personnes, dont Picot de Lapeyrouse et
plusieurs de ses élèves, trouva de nombreux fossiles, mais n’atteignit
pas le sommet. Le récit de l'ascension parut en 1797 sous le titre de
Voyage au Mont-Perdu et dans la partie adjacente des Hautes-Pyrénées.
Le 7 septembre de la même année, toujours accompagné de ses élèves dont
Charles-François Brisseau de Mirbel (1776-1854), Ramond de Carbonnières
mena une seconde tentative. L'administrateur et forestier
Étienne-François Dralet (1760-1844) participa aussi à cette ascension.
Mais ce n’est qu’en 1802 qu’il atteignit enfin le sommet. Ramond relata
son expédition dans le Journal de Mines (en thermidor an XI), ce
qui lui valut une reconnaissance certaine des savants de son époque. Il
devint membre de l’Académie des sciences en janvier 1802.
Après le fermeture
de l'École centrale de Tarbes, en 1800, il revint à Paris en tant que
membre du Conseil constitutionnel.
De 1800 à 1806, il
siégea à l’Assemblée et participa aux travaux de la Société des observateurs de l'homme. En 1805, il
avait épousé Bonne-Olympe, veuve du général Louis-Nicolas Chérin, la
fille de son ami Bon-Joseph Dacier (1742-1833).
Ami de Napoléon,
il fut nommé vice-président du Corps législatif, puis en 1806, préfet du
Puy-de-Dôme. Il passa plus de temps à herboriser ou à faire des relevés
météorologiques qu’à s’occuper d’administration. Ce qui ne l’empêcha pas
d’être fait baron de l'Empire en décembre 1809.
Il fit paraître en
1815 Nivellement des Monts Dores et des Monts Dômes disposé par ordre
de terrains. La même année, il fut élu député du Puy-de-Dôme. En
1818, il fut nommé au Conseil d'État et ne quitta plus la capitale que
pour se rendre en Auvergne. Il publia enfin, en 1825, Sur l’état de
la végétation au sommet du Pic du Midi.
Il est enterré au
cimetière de Montmartre.
Hommages
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Une endémique pyrénéenne, Ramonda pyrenaica
(Ramondia), représentante isolée de la famille des
Gesnériacées et considérée comme un vestige de la flore tertiaire,
lui a été dédiée par le botaniste Jean Michel Claude Richard
(1787-1868).
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Les pyrénéistes ont donné son nom au Soum-de-Ramond
(3 260 m),
dans le massif du Mont-Perdu : c'est en contournant ce sommet
oriental du Mont-Perdu que les guides de Ramond de Carbonnières en
réalisèrent la première ascension, le 6 août 1802. Lui-même y
parvint le 10 août.
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Son nom est donné également à un sommet du
Massif du Néouvielle, le Pic Ramougn (3 011 m) - Ramougn
est la prononciation gasconne de Ramond.
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Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent a donné son
nom à un chapelet de cratères (les Puys Ramond) du Piton de la Fournaise à La Réunion.
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La « Société Ramond » est née en 1865 à
Bagnères-de-Bigorre, station thermale pyrénéenne fréquentée par une
élite cultivée, passionnée de montagne comme ses fondateurs, Émilien
Frossard (1829-1898), Charles Packe (1826-1896) et Henry Russell
(1834-1909). Elle voulut se distinguer des sociétés académiques
traditionnelles en se consacrant essentiellement à l’étude
scientifique et ethnographique des Pyrénées et à la vulgarisation
des connaissances acquises.
Doc : wikipédia
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